La bienveillance, mode ou nécessité?
On nous parle tellement de bienveillance depuis quelques années que l’on pourrait croire que c’est un mot à la mode et qu’au final on le connaît tous! Mais entre le connaître et le mettre en pratique, il y a un monde.
Qu’en dit le petit Larousse? « C’est une disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui ».
Être bienveillant, c’est laisser l’autre être tel qu’il est, l’écouter, ne pas chercher à le changer. Cela ne veut pas dire que nous devons accepter toutes sortes de comportements à notre égard. Il ne faut pas non plus être trop impliqué, à en négliger ses propres besoins.
En accordant notre bienveillance, un mot gentil, un sourire, une aide, sa présence même sans parole, on allège le poids qui repose sur les épaules de celui qui en a besoin.
En faisant attention à l’autre, en montrant que l’on comprend sa situation, en prenant le temps de soutenir, on peut redonner de la sérénité à quelqu’un, pour qu’il continue d’affronter ses difficultés.
Ce cadeau de la bienveillance est puissant!
La compassion, la gentillesse, l’indulgence sont des gestes gratuits, qui ne doivent rien attendre en retour. Ils font du bien à notre cerveau et nous connecte avec les autres de la forme la plus simple et la plus belle possible.
Mais au fait, peut-on parler de bienveillance envers les autres sans parler de bienveillance envers soi-même? Arrives-tu à être indulgent avec toi-même? A cesser de te critiquer, de te juger constamment?
Si ce n’est pas le cas, sache que tu n’es pas seul. Sache que l’humain retient beaucoup plus le négatif que le positif.
On remarque qu'il est souvent facile d’être un soutien pour ceux qui nous entourent lorsqu’ils passent par un moment difficile mais que nous avons tendance à nous critiquer bien plus qu’à être bienveillants envers nous-même. Mais d’où viennent donc ces pensées négatives envers nous-même? Elles peuvent provenir des critiques que l’on a reçues quand on était enfant, ou de la société. Ça peut aussi venir de notre désir d’être performant, d’un sentiment de honte ou de culpabilité, d’une difficulté à s’octroyer de la valeur, etc.
Dès la maternelle on est évalués… il y a là une source potentielle de jugement sur soi. Nous sommes programmés dès le plus jeune âge pour être malveillants avec nous-même. Si je suis bon à l’école c’est bien, mais si je ne réussi pas?
Lorsque mon premier enfant est arrivé au monde, je me suis achetée de nombreux livres sur l’éducation « bienveillante » et la psychologie de l’enfant. J’avais une peur terrible et tenace d’être une mauvaise mère, que mon enfant souffre du moindre manquement de ma part. Dès que je faisais quelque chose, je vérifiais dans les livres si j’avais eu tord ou raison d’agir de telle ou telle manière. Souvent ce que je lisais me rassurait et m’encourageait. J’y découvrais des pistes insoupçonnées qui fonctionnaient à merveille. Mais parfois aussi, certains livres ou émissions me plongeaient dans une profonde culpabilité. J’ai vite été lassée de ces mots « éducation bienveillante ». Je voyais autour de moi des parents sans plus aucune autorité, laissant leurs enfants devenir roi sous prétexte qu’il fallait être bienveillants… et je me suis rendue compte qu’il fallait que je me construise petit à petit mon propre chemin éducatif et que je devais surtout faire diminuer la pression que je m’étais mise à être une mère parfaite! J’étais sans cesse en train de me dévaloriser et d’être dans un hyper-contrôle épuisant.
J’avais besoin d’apprendre à être une mère bienveillante envers moi-même.
J’ai dû accepter d’être une mère qui tâtonne, qui fait des erreurs et qui apprend de celles-ci. Une mère qui ne sait pas et qui essaye, une mère qui crie et qui pleure d’avoir crié, qui doit souvent demander pardon. Une mère qui donne le meilleur d’elle-même en étant imparfaite et donc… une mère vraie avec elle-même et avec ses enfants.
Il y a peu, ma fille de 6 ans est venue m’entourer de ses bras en me disant: « Maman, tu sens l’amour! ». Je crois que je n’avais encore jamais entendu une parole aussi belle à mon égard! Elle venait de me dire cela dans un moment où j’étais intérieurement en train de me rabaisser, de me sentir si nulle que j’en oubliais ma propre valeur. Cela m’a fait beaucoup réfléchir. Je crois que nous avons besoin d’être indulgents et compatissants envers nous-même.
Nous ne pouvons pas être à l’écoute et être indulgents avec les autres sur du long terme si nous ne nous écoutons pas nous-même, sans nous juger en permanence. Cela demande de ne pas rechercher la perfection et de lâcher prise, de s’accepter tel que l’on est afin que l’on communique du bien-être autour de soi.
Ce n’est pas égoïste de prendre soin de soi. Cela permet de développer une relation plus harmonieuse avec les autres, de gérer nos émotions et de mieux résister aux angoisses. Et elle ne doit absolument pas servir de prétexte pour ne pas s'améliorer .
Quand on souffre, on a l’impression d’être seul à ressentir ses émotions. Pourtant, tous les êtres humains souffrent, à un moment ou à un autre de leur vie. La souffrance fait partie de l’expérience humaine.
Faire preuve de gentillesse et d’empathie envers soi, c’est reconnaître que notre souffrance est difficile. Et quand tu te critiques intérieurement en te disant « Pense à tous ces gens qui souffrent de maladies ou qui vivent dans la misère!», essaye plutôt de te dire ce que tu dirais pour réconforter un ami: «Tu as le droit de ressentir cette émotion. La souffrance des autres n’enlève rien à la tienne. Qu’est-ce que je peux faire pour toi?»
Pour t’aider à être ton propre ami, voici quelques pistes:
Apprends à respecter tes limites, à dire non.
Sois attentif à tes émotions, ton corps, tes besoins.
Prends le temps de faire des choses qui te font plaisir et préserve ton énergie.
Respecte tes valeurs!
Ne te compare pas aux autres, tu es unique!
Apprends à te libérer des tensions qui t’assaillent.
Accepte que tu ne seras jamais parfait!
Tu peux aussi noter les choses que tu réussis, pour les relire quand tu te décourages et félicite-toi!
N’oublie jamais que ta vie est précieuse, que tu as de la valeur, que tu as le droit d’être toi!
Découvre maintenant l’oeuvre « La tendresse n°1» ici!